22ème séance: 2.04.24. Et But !
De la pollinisation.
Une séance à plusieurs dimensions pour les élèves, couronnée d'un succès fou
digne du Printemps et de ses mille potentiels pédagogiques.
Au départ ce devait être une simple sortie SVT consacrée aux plantes, aux fleurs, à la reproduction, et aux insectes pollinisateurs. Puis une mésange en a décidé autrement.
Les élèves auront l’opportunité à partir de Mai/Juin, s’ils le désirent - et s’ils le votent au conseil, de participer au programme de recensement des pollinisateurs du muséum d’histoire naturelle, un dispositif de sciences citoyennes très valorisant pour les participants. https://www.spipoll.org/
Cela veut dire : Identifier les fleurs de leur aire éducative, photographier et identifier les insectes pollinisateurs trouvés dedans (abeilles, mouches, coléoptères….), puis rentrer les données sur une base de données nationale. Du pur kif.
Mais d’abord, les fondamentaux: Apprendre comment ça marche, la reproduction des plantes à fleur, de façon tactile, sensorielle, puis intellectuelle.
D'abord, un peu de théâtre, de mise en scène, se prendre d'abord pour des abeilles, en mettant nos nez respectifs aux fond des pétales pour en humer les parfums attractifs, dont ceux « qui sentent le miel » du fabuleux merisier, une variété de cerise sauvage!
Puis, en se couvrant (ou en se maquillant, selon) de pollen bien jaune du Saule!
"Wesh !"
Ensuite, en mangeant chacun et chacune une fleur de l’arbre de Judée, moins sucrée qu’un Haribo certes, mais suffisamment douce pour en détecter le nectar.
Avant dernière étape : la loupe. Magique. Découvrir les organes reproducteurs, tout petits, de la fleur, mais en méga grand !
Les étamines et le pollen (partie mâle de la fleur). Le pistil et l’ovaire au fond (la partie femelle). Ensuite, le réservoir de nectar.
En grande finale, l’explication, schéma à l’appui :
1) La plante fabrique du nectar pour attirer les insectes.
2) l’insecte en arrivant pour siroter le nectar se couvre malgré lui de pollen et, sans le savoir sans doute, pollinise la fleur d’à côté en faisant sa ronde. Le pollen tombe de son corps et vient tomber dans le pistil pour fertiliser l’œuf qui est au fond.
3) L’insecte s’en va, repu, après avoir inconsciemment fertilisé la plante et, dans le cas de l’abeille mellifère, en emportant du nectar pour faire du miel maison.
Du pur gagnant-gagnant. La plante et l’insecte sortent victorieux de cet échange, de cette transaction.
4) l’œuf fertilisé se développe en graine, en pépin, en noyau, enrobé souvent de pulpe de fruit dans bien des cas. Car le fruit sert bien à ça ! C’est une ruse (comme le nectar) pour attirer des animaux qui vont cette fois-ci, en mangeant le fruit pour en déféquer la graine, disperser et semer les « petits » de la plante, qui germeront à l’autre bout du bois, du champ, de la prairie, ou du parc…
Le tour est joué, la plante s'est reproduite avec succès.
Or si les pollinisateurs - et les disperseurs venaient à disparaître, cela serait bien dommage, mortel même à terme pour les plantes et les écosystèmes terrestres.
D'où la nécessité absolue du programme de recensement du Muséum.
La séance n'était pas finie....Il lui manquait son apothéose.
C’est en réalisant le schéma de la reproduction en toute fin qu’un élève a d’un coup crié très fort :
« Monsieur regardez ! ‘Ya un oiseau qui vient de rentrer dans le nichoir ! »
Tout le monde s’est retourné pour regarder le nichoir, leur nichoir, construit et assemblé en classe, durement accroché l’année dernière au printemps. Dieu sait si les oiseaux sont exigeants en le taux d'occupation des nichoirs parfois très faible.
Suspense total.
Une deuxième oiseau, une mésange bleue pour être tout à fait exact, est arrivée et hop ! Et rentrée directe dans le trou.
Un « Ouaiiiiiiis » collectif, que dis-je, un cri de guerre, un rugissement de victoire absolu s’est emparé du groupe et assourdi les deux adultes présents, moi et leur maître Antoine.
On aurait cru le troisième but de Mbappé contre l’argentine en final de la coupe du Monde. Le but de l’égalisation.
on distingue sur l'arbre derrière le nichoir occupé
J’étais aussi ému que les gosses. J’ai "topé" successivement la main de tout le monde, comme après un match gagné. Tous sourires.
D’un côté j’avais l’impression d’avoir leur âge, d’être à nouveau le même gosse que j’étais, qui dès dix ans, construisait ses premiers nichoirs (complètement ratés) chez lui dans le Vermont.
De l’autre, très franchement, j’ignorais au début de ce projet l’année dernière qu’un petit oiseau rentrant dans un simple nichoir, dans le cadre d’un humble « side-project » scolaire, aurait le même impact émotionnel et de célébration qu’un évènement majeur de sport mondial.
Il y a la pollinisation et la reproduction des plantes, il y aussi le semis de graines de connaissances, d’épreuves et de réussites nommés enseignement, éducation et école...
du Dehors !
A tout bientôt pour de nouvelles aventures
David
Référent de l’Aire Terrestre Éducative
Parc départemental de l’île St Denis, école Samira Bellil.

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