6ème séance: les semeuses et les semeurs de gui. 13.02.23

 

Les semeurs et les semeuses de Gui


Ce matin nous avons imité la grive draine qui, comme on l’a vu ensemble lors de la toute première séance de notre aire éducative, est responsable de la dispersion des graines de gui, et donc du jardinage et de la pérennisation des boules de gui dans la forêt, ce qui en retour, nourrit la grive, dans un cycle sans fin et source de vie.

La grive plante le gui, le gui nourrit la grive. Symbiose ! Mutualisme, réciprocité, et co-évolution. Du vrai « gagnant gagnant » comme on aime, où il n’y a jamais de perdants – ce que les mathématiciens de haut vol nomment "une équation à somme non-zéro".

L’astuce de la plante ? Produire des fruits à la pulpe bien sucrée pour appâter la grive, qui s’en gave, les avalant entières. Et enrober la graine de la baie de colle naturelle, ce qui fait qu’elle reste accrochée à la branche où l’oiseau fait ses besoins, une fois la graine passée indemne à travers son système digestif.

Alors pourquoi en semer, à notre tour ? 

Constatant que le Parc n’avait pas assez de Gui dans ses bois, et pas assez de grives, les élèves ont voté cet hiver lors du premier conseil de classe pour en semer de nouvelles graines. Mais où trouver des baies sans prendre celles plutôt rares du Parc ?


Dimanche dernier, avec l’aide d’apprenants adultes qui m’accompagnaient en sortie ornithologique en Seine et Marne, nous en avons cueilli plein dans une allée de peupliers qui en regorgeaient. Merci au passage à ces trois chasseurs-cueilleurs modernes (Marion, Joëlle, et Sandrine) d’avoir participé au projet.


Les baies ont passé la nuit au frigo puis ce matin, ont fait le trajet en RER et vélo jusqu’à l’Ile où m’attendaient les élèves et leur maître Antoine.


Muni d’un couteau, j’ai ensuite fait une petite entaille dans l’écorce de plusieurs arbres au milieu du parc, de plusieurs essences différentes (peupliers, chênes, robiniers…). 

Chaque élève à son tour a ensuite écrasée un fruit (ou deux) pour en sortir la graine et la coller dans chaque entaille, grimpant dans l’arbre s’il le fallait. Une heure de travail, mine de rien !

Maintenant, attendre. Et croiser les doigts pour que cette soixantaine de premières greffes de gui (plante semi-parasite qui envoi ses racines dans l’arbre hôte lorsque la graine déposée germe et se développe…) prenne, pousse et se propage dans les années à venir….

Un beau projet, un jour de grand soleil, de sourires épanouis, avec le sentiment partagé d’avoir accompli quelque chose de bien : pour les grives, pour le gui, pour la biodiversité, pour les usagers du Parc.




Et pour les élèves ! Il y a deux mois, la plupart se méfiaient des baies et/ou hurlaient de dégoût en touchant la colle naturelle enveloppant chaque graine. Aujourd’hui ils se précipitaient pour être le premier ou la première à « imiter la grive ». Et l’aider.

J’ai conclu la séance en rappelant aux élèves comment la nature nous aide psychologiquement – et physiologiquement, en retour, et tout le bien-être et la qualité de vie que les espaces verts en ville, qui résonnent du chant des oiseaux, apportent à la communauté.

Et comment les oiseaux, les fleurs, la nature, l’école du dehors, les aires éducatives (et les boules gui!), pouvaient les aider avec leur résultats et leur scolarité.

Maintenant, faites comme ces élèves de CM1 : Semez-en là où il manque, près de chez vous, et faites ainsi d’une pierre... beaucoup, beaucoup de coups.

C'est en aidant à fertiliser un bois, une forêt, qu'on nourrit un autre monde, le nôtre. 








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