5ème séance: le tas de bois mort. 23 Janvier 2023.
Le tas de bois mort
C’est l’histoire d’un empilement de branches mortes, mais qui ne le sont pas vraiment, encore, et d’un peu d’effort physique de la part d’un tas de jeunes élèves enthousiastes, cherchant au sol et ramenant chacun plusieurs branches à divers stades de pourrissement, pour faire comme un feu de camp, au milieu d’un bois urbain, en partie aussi pour se réchauffer, car hier matin il faisait très froid.
Il ne s’agissait pas de faire un feu. Mais de générer de la vie.
Pour la 5eme séance de notre projet « Aire éducative » soutenue par l’OFB et en collaboration avec Antoine Guillermet et sa classe de CM1 de l’école Samira Bellil, à Ile St Denis, et de concert avec le Parc Départemental qui porte le même nom, nous avons effectivement testé pour ce petit projet un vieux truc que j’avais appris tout jeune chez moi aux Etats-Unis :
Le tas de bois mort.
C’est à dire : que lorsqu’on débroussaille par exemple autour de la maison, au fond du jardin, mieux vaut constituer de gros pyramides avec les coupes que de broyer le bois en petits morceaux. Un geste écologique, et fondamentale, même si sur le plan esthétique, un « tas de bois mort » peut paraître moche pour le paysagiste, ou le propriétaire des lieux, voire pire, ses voisins offusqués.
Pour une raison très simple. Le « tas » attire des champignons et des bactéries qui se logent au creux de ce compost improvisé, accélère la décomposition du bois pour qu’il se désagrège peu à peu en terreau nourricier pour la végétation vivante, ce qui attire au passage PLEIN d’insectes et d’une pierre deux coups, crée une petite chaîne alimentaire, car arrivent très vite derrière, des oiseaux pour manger les insectes et pour s’y loger, aussi, comme le troglodyte, qui adore les vieux tas de bois morts, ainsi que les rongeurs, qui aiment bien aussi ce type d’abris improvisé.
Voilà donc pour le projet du jour, depuis le début de cette aire éducative nous leur avons appris à compter et transplanter le gui, à faire un comptage d’oiseaux, à soupeser toute l’importance des baies de lierre en hiver pour les oiseaux, et nous avons touché au passage à des thèmes aussi variés que la dispersion des graines par les animaux ou l’importance de la démocratie et de la représentation pour gérer un espace vert ou parc public, tant pour la biodiversité que pour le bien-être et l’épanouissement d’un autre animal, nous, l’animal humain.
Mieux, les élèves hier ont pris conscience que la mort se recycle en vie (si ! Si!), que les atomes qui nous composent se réincarnent, et que les déchets de l’un sont toujours la nourriture de l’autre. Ils ont aussi découvert et apprivoisé leur peur en identifiant une larve de coléoptère (photo) aux aires de petit monstre cauchemardesques, pourtant inoffensif pour nous et si utile à l’environnement qui le nourrit.
Après l’effort physique enjouée de la matinée, les élèves pour conclure m’ont aidé à rédiger ce petit texte, tout en dessinant un petit schéma adorable dans leurs cahiers respectifs :
« Ce matin nous avons créé un tas de bois mort. Nous avons donc créé une chaîne alimentaire. Le bois mort est mangé par les bactéries et les champignons. Cela attire les insectes, ce qui attire certains oiseaux et rongeurs qui s’en servent aussi comme abri. Nous avons ainsi aidé la nature à transformer la mort en vie. »
Ce fut la plus belle journée de la mienne.
Galerie de petits films:






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